Actualités

Faire rayonner et partager l’information

Les médias sociaux peuvent être source d’oppression pour les femmes (pensons à la cyberagression ou au harcèlement en ligne), mais ils peuvent également devenir source d’empowerment.

Trois objectifs centraux sont poursuivis dans le cadre d’un programme de sensibilisation aux agressions sexuelles : transmettre des informations pertinentes; outiller l’environnement à recevoir des dévoilements et susciter des changements sociaux.

Des ateliers sont offerts à différents milieux, tels que les milieux d’enseignement, les organismes communautaires ou les institutions.

Des mouvements comme #Dissonnom, #MoiAussi, #agressionnondénoncée, #OnVousCroit et Je suis Indestructible nous rappellent l’importance d’intégrer les médias sociaux aux stratégies de lutte, de mobilisation et de sensibilisation. Dans les dernières années, la couverture médiatique concernant les agressions sexuelles a continué à s’intensifier par la présence de la problématique dans les médias sociaux et les nombreuses dénonciations publiques.

Dernières nouvelles

Le CALAS poursuit son travail de prévention et de sensibilisation afin de relever les préjugés les plus tenaces et démystifier l’agression à caractère sexuel.

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Rapports d’activités

Rapport d’activités et d’actions menées par le CALAS – 2018/19


Rapport d’activités et d’actions menées par le CALAS – 2018/19 #2


Rapport d’activités et d’actions menées par le CALAS – 2018/19 #3


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Témoignages

Cette section est réservée aux témoignages de survivantes d’agression sexuelle. Ces textes témoignent tantôt de la force et du courage des survivantes, tantôt de l’aide et du soutien reçu au CALAS ou encore des impacts de l’agression sexuelle dans leur vie.

« J’ai participé hier à ma première marche du CALAS, « Marchez avec le CALAS de l’Outaouais pour dénoncer la violence sexuelle faite aux femmes », qui a eu lieu le 22 septembre 2016.

Bien que je devais rejoindre une amie ayant participé au même groupe de thérapie que moi, il y a environ un an, j’avais peur. Peur de remuer les démons du passé, peur de raviver des souvenirs douloureux, ma mère n’ayant pas cru à mon viol alors que j’avais 18 ans. Ce fut tout le contraire.

Quelle joie de retrouver ma jeune amie, entourée elle-même d’autres amies venues la soutenir! Quelle joie de voir tous les femmes et les hommes de cette marche crier leur solidarité dans les rues de Hull et d’Ottawa! Quelle joie de me faire tremper jusqu’aux os par une pluie battante libératrice, comme une pluie qui me laverait de mes pêchés dont je me suis moi-même accablée!

Quelle joie de me faire laver de cette culpabilité que moi et toutes mes sœurs violées ne devrions jamais ressentir, mais par laquelle nous devons malheureusement passer avant d’avoir le bonheur de nous libérer de ce sentiment injustifié de culpabilité d’un abus dont nous ne sommes pas responsables! Quelle joie de pouvoir défouler une colère toute neuve à l’égard de mes agresseurs, ayant passé presque cinquante ans de ma vie dans le silence de l’ignorance accablante! Quelle joie de savoir que nous pouvons sensibiliser une passante, un passant à la fois à notre cause! Quelle joie de nous savoir dans un pays de liberté où nos voix ne seront pas écrasées et où nous ne serons pas jugées d’un crime que nous n’avons pas commis et que nous avons subi! Nous sommes les victimes!

Anonyme

Briser le silence

Dès l’âge de 10 ans, je suis devenue une victime de multiples agressions sexuelles; inceste subit par un de mes frères, viol avec menace de mort, viols, drogue du viol, tentative de viol par un oncle, harcèlement, attouchement, exhibitionnisme, voyeurisme et ce par des hommes de mon entourage et des inconnus.    

Mon Amour propre m’a été enlevé, volé.  Mon estime de moi et ma confiance en moi furent grandement déstabilisés.  On a abusé de ma vulnérabilité causé par toutes ces agressions.  J’ai gardé le silence, emballé dans une boite noire toutes mes souffrances.     Après 45 années de déchirement intérieur, de torture émotionnelle, j’ai finalement décidé de briser le silence, avec moi-même d’abord, puis en thérapie dans un centre d’aide aux victimes d’agression sexuelle et maintenant avec chacun, chacune d’entre vous qui prenez le temps de me lire.  

Je souhaite partager avec vous une lettre que j’adresse à mes agresseurs ainsi qu’à tous les agresseurs qui font subir tant de souffrances, qui détruisent et empoissonnent des vies, qui laissent des séquelles extrêmement difficiles à affronter et surmonter.  Des séquelles non apparentes, douloureuses, embarrassantes.  

Toutes ces agressions qui traumatisent ne découlent pas de ma décision ni de celles de toutes les victimes: enfants, filles, femmes, garçons, hommes.  La prise de contrôle, l’envahissement de ces agresseurs, étouffent et briment l’épanouissement de notre Être.  Le silence, la banalisation prennent le contrôle de notre vie marquée par un chagrin difficilement descriptible.     

C’est avec l’espoir de toucher le silence des victimes, de les encourager à parler de leurs désespoirs, leurs peines, leurs souffrances, leurs peurs, leurs colères… et ce afin d’être soulagé de cette emprise malsaine.   

De toucher la famille et l’entourage, les sensibiliser à l’ampleur de la tristesse et de la souffrance qu’une victime d’agression sexuelle peut vivre, ressentir, refouler, quel qu’en soit la forme ou le nombre.   

De toucher, ne serait-ce qu’une particule de la conscience de ces agresseurs afin qu’ils réalisent à quel point ils détruisent, endommagent, bouleversent et démolissent des vies.  

Osez parler, c’est faire le premier pas vers une nouvelle vie… Accepter de l’aide, c’est tellement précieux… 

Voici la lettre à l’intention de mes agresseurs  

À mes agresseurs, connus,  inconnus, morts, vivants,  

Vous avez fait, d’une partie de moi, un monstre, de ma beauté, un brouillard si dense que j’ai peine à voir clair dans ma vie.  Vous n’aviez pas le droit de me prendre mon identité, de maltraiter mon corps, mon Âme.  Vous n’êtes que des lâches qui ne méritez pas mon respect, ni même celui des autres, vous êtes méprisables.   Vous avez empoisonné et tourmenté ma Vie.  

Par votre faute, j’ai mal aimé, me suis mal aimé.  Je me suis cherchée dans la misère, fait subir ma colère à des gens biens.  

On me dit que cela a fait de moi, qui je suis.  Mais moi, je dis que vous avez détruit ma vie, que vous avez construit une autre personne de moi, modelée à l’image de vos agressions, empreinte de votre mal.  Je suis une sculpture aux balafres non cicatrisées, habitée par l’humiliation et la honte qui ce sont emparées de moi, séquelles de vos agressions. Vous avez empoisonné et tourmenté ma Vie.  

Maintes et maintes fois j’ai cherché l’Amour, mais en vain.  Trop de blessures, de colères, de méfiances refoulées.  Cette rage qui m’habite, me fait douleur.  Mon corps, mon Âme combattent toute cette rage cumulée au fils des ans.  Le temps ne diminue pas cet état de mal-être, j’ai appris à survivre.  

Comment puis-je faire confiance aux hommes maintenant?  Je suis tellement blessée, brisée, déçue, déchirée, méfiante.  Je n’ai pas envie de vous pardonner, je suis trop en colère, dégoûtée que vous ayez abusé de mon corps, de mon estime de moi, de ma vulnérabilité. Vous avez empoisonné et tourmenté ma Vie.  

Votre victime Johanne  

Aujourd’hui, je fais face à ce passé trouble, à ce monstre en moi construit par toutes ces agressions.  Grâce à l’aide que je reçois, je commence à reconnaître ma beauté intérieure, à m’épanouir et à croire en un avenir serein et paisible.  

Johanne Gagnon, Janvier 2016   

 

Johanne

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